{"id":272,"date":"2024-09-13T17:09:00","date_gmt":"2024-09-13T15:09:00","guid":{"rendered":"https:\/\/laviedeplato.fr\/?p=272"},"modified":"2025-05-31T17:11:47","modified_gmt":"2025-05-31T15:11:47","slug":"swiss-peak-2024","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laviedeplato.fr\/?p=272","title":{"rendered":"Swiss Peak 2024"},"content":{"rendered":"\n<p>Allez c\u2019est parti pour vous parler de cette SwissPeak 360, qui fait comme son nom ne l\u2019indique pas : 380 km pour un bon 26000 m de D+.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 beaucoup de courses, je suis arriv\u00e9 sur la ligne de d\u00e9part sans stress. Je ne sais pas si c\u2019est parce que ma tendinite au tendon d\u2019Achille m\u2019avait d\u00e9j\u00e0 stress\u00e9 avant l\u2019\u00e9v\u00e9nement ou si c\u2019est que devant l\u2019ampleur de la t\u00e2che \u00e0 accomplir, mon cerveau avait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019ignorer la difficult\u00e9, dans tous les cas prendre un d\u00e9part aussi <a><\/a>rel\u00e2ch\u00e9 a \u00e9t\u00e9 super agr\u00e9able.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9part en lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 un peu fouilli. L\u2019organisation a voulu faire un truc sympa en faisant partir les coureurs de la 660 avant nous, sauf qu\u2019ils les ont plac\u00e9s derri\u00e8re nous pour faire une haie d\u2019honneur. Faire partir des gens avec 300 km de plus que nous dans les jambes \u00e9tait un peu joueur, heureusement la premi\u00e8re mont\u00e9e est assez large et s\u00e8che pour r\u00e9organiser le peloton. L\u2019ambiance est bonne. On croise aussi bien l&#8217;ultra traileur qui se prom\u00e8ne avec son Ukul\u00e9l\u00e9 pour en jouer en chemin, que les t\u00eates d\u2019affiches de l\u2019ultratrail : Luca Papi, Aur\u00e9lien Sanchez et bien d\u2019autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Je grimpe bien, sur le plat je relance, j\u2019ai des supers sensations. Je d\u00e9passe m\u00eame Aur\u00e9lien Sanchez, premier fran\u00e7ais \u00e0 avoir gagn\u00e9 la Barkley. Je lui glisse un mot sur le fait que c\u2019est un mec qui m\u2019inspire beaucoup. Dans le m\u00eame temps, je me dis que c\u2019est probablement une connerie d\u2019\u00eatre en train de le doubler. M\u00eame avec 300 bornes dans les jambes Aur\u00e9lien va tr\u00e8s probablement passer la ligne d\u2019arriv\u00e9e avant moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Je rejoins un mec avec qui j\u2019ai l\u2019air de courir \u00e0 la m\u00eame allure. Au fil de la discussion j&#8217;apprends qu\u2019il \u00e9tait le chronom\u00e9treur sur la Montagn&#8217;Hard et que \u00e7a a \u00e9t\u00e9 un enfer pour eux avec tous les classements et sous classements \u00e0 faire li\u00e9s aux bifurcations que certains coureurs ont d\u00fb faire. J\u2019apprends \u00e9galement qu\u2019il n\u2019en est pas \u00e0 son premier coup d&#8217;essai sur la distance sur laquelle nous sommes et j\u2019\u00e9coute sagement ses conseils sur o\u00f9 dormir, o\u00f9 ne pas dormir, les moments techniques et autres. Je pense que sur ce genre de course c\u2019est important de prendre un maximum d&#8217;informations et de faire le tri de ce qui va nous servir.<\/p>\n\n\n\n<p>Je continue ma folle avanc\u00e9e et je fais un arr\u00eat bien trop rapide \u00e0 Reckigen. J\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019UTMB, pendant que je mange de la past\u00e8que Mathilde change mes gourdes et me remet du ravitaillement. A peine 6 minutes en ravitaillement, pas assez pour une course de longue haleine comme celle que je suis en train de faire. D\u00e8s la mont\u00e9e suivante Aur\u00e9lien me reboucle confirmant mon rythme un peu trop pr\u00e9cipit\u00e9 en ce d\u00e9but de course.<\/p>\n\n\n\n<p>Je passe la premi\u00e8re base vie \u00e9galement en mode \u201cpit-stop\u201d. Je m\u2019y arr\u00eate 26 petites minutes pour : manger, mettre mes pieds dans l\u2019eau et soigner mes premi\u00e8res ampoules. En sortant de cette base vie je pense avoir bien g\u00e9r\u00e9 et grapill\u00e9 quelques minutes. L\u2019avenir m\u2019apprendra que faire des ravitaillements en dessous d\u2019un certain temps s\u2019est s&#8217;assurer de perdre 2 \u00e0 3 fois ce temps sur la section suivante.<\/p>\n\n\n\n<p>Parlons-en de la section suivante. \u00c7a commence par une jolie grimpette, qui me fait bien suer en cette fin d&#8217;apr\u00e8s-midi. Je m\u00e8ne un rythme tr\u00e8s _trop_ soutenu pour un groupe de 3-4 personnes. Au bout de 45 min, je me rends compte que je suis en train de m\u2019\u00e9puiser, je finis par mettre le clignotant, les laisser passer et prendre le temps de me ravitailler. Le choix s\u2019av\u00e8re payant puisque bien qu\u2019\u00e9tant reparti bien plus calmement je finis par ratrapper quasiment tout le groupe devant moi avant la fin de la mont\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019entre ensuite dans une phase de torpeur. J\u2019ai l\u2019impression d\u2019avancer avec gilet lest\u00e9 sur un escalator \u00e0 contre sens. Je n\u2019arrive plus \u00e0 m&#8217;alimenter. J\u2019ai des d\u00e9buts de crampes aux quadri, ce qui ne m\u2019arrive jamais surtout que l\u2019on a \u00e0 peine fait 60 bornes. J\u2019\u00e9vite que les pens\u00e9es noires ne s&#8217;installent, mais je me dis qu\u2019\u00e0 moins de 1\/6\u00e8me de la course, la ligne d\u2019arriv\u00e9e semble bien loin. On ajoute \u00e0 \u00e7a que l\u2019une de mes flasks se perce. Je suis donc tremp\u00e9, court en eau et avec un niveau de motivation dans les chaussettes de contention.<\/p>\n\n\n\n<p>Arrive un mec et sa copine, qui finira 3\u00e8me f\u00e9minine. Ils me doublent. Elle gal\u00e8re un peu, il la motive pour avancer et en profite pour me tirer en m\u00eame temps. \u00c7a m&#8217;aide un temps, avant que la volont\u00e9 ne rel\u00e2che. J\u2019arrive tant bien que mal \u00e0 la fin de cette mont\u00e9e et bascule dans la descente.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne vais pas dire que je revis dans la descente car j\u2019ai l\u2019impression de la faire avec le frein \u00e0 main serr\u00e9 \u00e0 fond, mais j\u2019avance. Et l\u00e0, mon b\u00e2ton d\u00e9cide de partir en gr\u00e8ve, s\u00fbrement en solidarit\u00e9 avec mes jambes. Heureusement que j\u2019avais un plan B dans mon sac d\u2019assistance, sinon j\u2019aurais fini la course en mode \u201cmains dans les poches\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019arrive \u00e0 Eisten au petit matin, la deuxi\u00e8me base vie. Je me douche et tente une sieste. A d\u00e9faut d\u2019\u00eatre tr\u00e8s reposante elle arrive \u00e0 me faire faire un reboot mental, et comme sous Windows 98 un bon reboot r\u00e8gle tout. On enregistre le jour 1 et c\u2019est parti pour le jour 2.<\/p>\n\n\n\n<p>our 2<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9collage de Eisten, on attaque directement dans une pente raide, toute en herbe avant de longer une grosse d\u00e9partementale. Heureusement on rentre rapidement dans la for\u00eat pour une ambiance bien plus sympa. Je vois au loin un coureur, mais je me restreins \u00e0 essayer de le rattraper trop vite. Je prends le temps de faire des photos et vid\u00e9os de la cascade. Petit \u00e0 petit, je finis tout de m\u00eame par le rattraper. On fait la causette toute la mont\u00e9e, avant d\u2019attaquer une <a><\/a>descente raide sur piste foresti\u00e8re. C\u2019est l\u00e0 que je vois poindre un petit souci. Mes quadriceps sont proches de la t\u00e9tanisation et je dois prendre le temps d\u2019amortir chaque pas, notamment \u00e0 l\u2019aide des b\u00e2tons.<\/p>\n\n\n\n<p>Je finis par arriver au ravito, je suis content de me poser quelques minutes. Je commence \u00e0 rentrer dans le rythme o\u00f9 je n\u2019essaie plus de sprinter au ravitaillement. Je prends le temps de faire ce qu\u2019il faut avant de me remettre en route et vu la section qui arrive c\u2019est une bonne chose de repartir en forme. A noter que depuis quasiment 24h je n\u2019arrive plus \u00e0 manger solide en courant, je suis donc pass\u00e9 sur une nutrition liquide \u00e0 base de coca d\u00e9gaz\u00e9ifi\u00e9, \u00e0 voir combien de temps \u00e7a va tenir. <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/hashtag\/ladi%C3%A9t%C3%A9tiqueavanttout?__eep__=6&amp;__cft__[0]=AZWVyPFZZF4wgo-9mbnNsEDx7ii8u-b7bxCHzPCK67bMuxiLgZW5PRJiyX6eVwQSrGUmErLIF_l-P2eOwB-_CKwioUENx9Ptgx0GFCvLOvmwI4PxJuRXC5JUWptGwm9bFX1ON2dyd4WTtza2XuU_MwaCyO-vMauKIaGeTTXpBs7cjg&amp;__tn__=*NK-R\">#ladi\u00e9t\u00e9tiqueavanttout<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Je reprends la descente l\u00e0 o\u00f9 je l\u2019avais laiss\u00e9e. Les quadris m\u2019envoient toujours des coups de couteaux d\u00e8s que le pied touche le sol. Je passe une bosse, puis j\u2019attaque le gros morceau de la journ\u00e9e, une mont\u00e9e dans un pierrier \u00e0 jouer \u00e0 \u201cO\u00f9 est Charlie ?\u201d avec les fanions. Le tout en essayant d\u2019\u00e9viter de refaire un c\u00e2lin aux cailloux, ce qui m\u2019avait valu 5 points de suture au tibia, d\u00e9but ao\u00fbt. Lors de cette grimpette je reprends des coureurs petit \u00e0 petit, mais arriv\u00e9 au sommet c\u2019est le drame. Je vois tout le monde se lancer dans la pente en courant, alors que je peine \u00e0 trotimarcher. La vue est d\u00e9gag\u00e9e et je vois l\u2019\u00e9cart grandir minute apr\u00e8s minute avec les coureurs qui me pr\u00e9c\u00e9dent. Je descends tant bien que mal vers le ravito. Celui-ci est cach\u00e9 dans une \u00e9table \u00e0 vache, mais d\u00e8s que j\u2019y entre je sens l&#8217;atmosph\u00e8re r\u00e9confortante. Il fait bon, \u00e7a sent la nourriture surtout la raclette et on peut y dormir.<\/p>\n\n\n\n<p>Je profite de l\u2019ambiance pour bien me recharger. Je suis bien motiv\u00e9 pour attaquer la premi\u00e8re partie de la nuit pour la couper avec la base vie de Grimentz. La mont\u00e9e se passe super bien en rythme. Puis arrive la descente, il me faut 2 \u00e9ternit\u00e9s pour arriver au bout de la partie technique, puis arrive un faux plat descendant. J\u2019arrive \u00e0 remettre un peu de rythme, mais une nouvelle portion technique me met un coup au moral. Pour la premi\u00e8re fois, je d\u00e9cide d\u2019\u00e9couter les vocaux fait par les copains en amont de la course, pour rester booster. Ca me tient debout, m\u00eame si j\u2019ai l\u2019impression d\u2019avancer au rythme d\u2019une personne \u00e2g\u00e9e au march\u00e9 du samedi. J\u2019aper\u00e7ois une frontale qui remonte la pente. Il s\u2019agit d\u2019un belge venu \u00e0 la rencontre de son pote. Je lui indique qu\u2019il n\u2019y a personne derri\u00e8re moi avant des plombes. Il d\u00e9cide de faire demi tour, c\u2019est l\u00e0 que je me rends compte que le mec est mont\u00e9 en chaussures de v\u00e9lo avec ses cales et surtout qu\u2019il redescend cette partie technique plus rapidement que moi qui suis correctement \u00e9quip\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019atteins enfin la route et ce que je pense \u00eatre la d\u00e9livrance, mais non. Le traceur a d\u00e9cid\u00e9 de nous faire passer dans un bout de for\u00eat qui n\u2019a ni queue ni t\u00eate. Le balisage est nul. On doit passer sous des barri\u00e8res, passer sur des troncs, contourner un caillou via un couloir trop \u00e9troit avec nos sacs de trail. Je maudis cette modification de parcours de derni\u00e8re minute qui rajoute 3 km au parcours initial et des difficult\u00e9s dispensables. L\u2019excuse de l\u2019organisation pour nous faire passer par l\u00e0 est que le pont que nous devions prendre s\u2019est effondr\u00e9\u2026 J\u2019ai rarement \u00e9t\u00e9 aussi n\u00e9gatif et agac\u00e9 depuis le d\u00e9but de la course et l\u00e0 \u201csonnerie super longue de mon t\u00e9l\u00e9phone qui insupporte Mathilde au quotidien\u201d. Je re\u00e7ois un vocal de Yoann, un pote de Tours. Son vocal est ultra percutant, et pour cause Yoann conna\u00eet l\u2019ultra pour l\u2019avoir pas mal pratiqu\u00e9 en v\u00e9lo. Chaque phrase qu\u2019il dit raisonne en moi et me donne la niaque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ultime d\u00e9tour dans la for\u00eat, je prends la flotte pour la premi\u00e8re fois depuis l\u2019\u00e9preuve. Le ravitaillement n\u2019a l\u2019air de ne jamais arriver, mais je finis tout de m\u00eame par rejoindre Mathilde.<\/p>\n\n\n\n<p>Ayant r\u00e9par\u00e9 2 fois mes pieds tout seul \u00e0 base de compeed et de strap, je me dis que je vais profiter du podologue sur place pour laisser faire un professionnel. Comme il y a de l\u2019attente pour le podologue, j\u2019accepte la proposition du kin\u00e9 de me masser. Meilleure d\u00e9cision de cette course, mes quadris se d\u00e9tendent et vont me permettre de courir la suite des descentes. Quand le podologue se lib\u00e8re je lui fais voir l\u2019art que j\u2019ai fait sous mes pieds\u2026 il analyse et m\u2019annonce qu&#8217;il va devoir me retirer 12 cm2 de peau sous le pied pour g\u00e9rer ma connerie et la cloque qui me prend le tiers arri\u00e8re du pied. C\u2019est lui le pro, je le laisse faire. Pro tip : ne jamais soigner vos ampoules avec des compeeds en course, les 4 podologues que j\u2019ai vu au cours de l\u2019\u00e9preuve ont tous \u00e9t\u00e9 unanime sur le sujet. En discutant avec le podologue, il m\u2019apprend aussi \u00e0 lacer correctement mes lacets pour \u00e9viter que le souci d\u2019ampoules ne se reproduise. Quarante minutes plus tard, je repars avec les pieds de Tout\u00e2nkhamon direction le dortoir.<\/p>\n\n\n\n<p>La sieste est de courte dur\u00e9e, le dortoir est surchauff\u00e9. Je finis pas me r\u00e9veiller avec une envie de pisser incontr\u00f4lable. Je sprint jusqu\u2019aux toilettes et l\u00e0 l&#8217;arrosage automatique se met en route avant que j\u2019ai le temps de fermer la porte.<\/p>\n\n\n\n<p>Soulag\u00e9, je me remets en route pour attaquer cette 3\u00e8me journ\u00e9e. Les pieds me font horriblement mal. Je m\u2019\u00e9tais habitu\u00e9 \u00e0 la douleur de la cloque \u00e0 un endroit localis\u00e9, mais les straps modifient les tensions sur le talon et donc l\u2019endroit o\u00f9 je ressens les douleurs. Il faut 2h pour apprendre au corps cette nouvelle douleur afin qu\u2019il d\u00e9cide de l\u2019ignorer comme il l\u2019a fait pour la pr\u00e9c\u00e9dente. En parall\u00e8le, cette 3\u00e8me journ\u00e9e s\u2019ouvre sur des vues magnifiques sur un lac et un glacier, ce qui r\u00e9pond assez bien \u00e0 pourquoi je suis l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Jour 3<\/p>\n\n\n\n<p>Je vous avais laiss\u00e9 dans la mont\u00e9e avec des vues magnifiques sur lac et glacier, je suis toujours dans cet environnement, ce qui me fera dire \u00e0 la fin de la course que cette journ\u00e9e \u00e0 probablement \u00e9t\u00e9 la plus sympa de toutes en termes de paysage.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier ravito de la journ\u00e9e est bien fourni : pancake, charcuterie etc. On me propose un tas de choses que je d\u00e9cline avant d\u2019expliquer que je suis vegan m\u00eame si c\u2019est tr\u00e8s sympa je ne mange pas toutes ces choses. Jusqu\u2019\u00e0 <a><\/a>pr\u00e9sent \u00e7a s\u2019est tr\u00e8s bien pass\u00e9 de ce c\u00f4t\u00e9 l\u00e0, mais aujourd\u2019hui je tombe sur le relou de service. Il commence \u00e0 me faire ce que l\u2019on appelle le bingo vegan, \u00e0 savoir tous les a priori qui n\u2019ont aucun sens. En temps normal, j&#8217;y vais frontalement mais aujourd\u2019hui j\u2019ai pas d\u2019\u00e9nergie \u00e0 perdre alors je me casse.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la mont\u00e9e, je discute un peu avec Alexandre qui deviendra rapidement un copain de ravito. Il grimpe bien plus vite que moi par contre ses pieds et son niveau technique font que je le reprends \u00e0 chaque descente.<\/p>\n\n\n\n<p>Arrive le ravitaillement d\u2019Evol\u00e8ne qui ne m\u2019a pas sp\u00e9cialement marqu\u00e9, je n&#8217;ai aucun souvenir, si ce n\u2019est que Mathilde me dit que l\u2019on ne se revoit pas avant la base vie un bon 7-8h plus tard. Mais c\u2019est un mensonge ! En arrivant au ravitaillement de Chemeuille en pleine montagne, je vois mes parents, Mathilde et un chien m\u2019accueillir. Ils sont venus en t\u00e9l\u00e9si\u00e8ge (sauf le chien) ! A savoir que ma maman d\u00e9teste le concept m\u00eame de t\u00e9l\u00e9si\u00e8ge sauf que Mathilde avait malencontreusement parl\u00e9 de t\u00e9l\u00e9cabine\u2026 une fois arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019aire d&#8217;embarquement, ma m\u00e8re \u00e9tait trop engag\u00e9e dans l\u2019id\u00e9e de venir me voir pour faire demi-tour. Bref je ne suis pas le seul \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 au-del\u00e0 de mes capacit\u00e9s mentales sur cette course.<\/p>\n\n\n\n<p>Au ravitaillement les b\u00e9n\u00e9voles qui ont l\u2019air de bien conna\u00eetre le secteur nous parlent d\u2019une descente ultra technique, que les meilleurs mettent 5h, les moins bon 9h. Avec Alexandre qui m\u2019a rejoint au ravito on \u00e9coute, on prend le temps de manger et de beaucoup boire car on n\u2019a pas la capacit\u00e9 de porter de l\u2019eau pour une \u00e9tape aussi longue. Quand je red\u00e9colle du ravito, je fais les maths et je me dis que c\u2019est impossible de mettre 5h pour faire une descente aussi technique soit-elle. Arriv\u00e9 en haut de la bosse je regarde le chrono et je me jette dans la pente, 1h20 plus tard je suis en bas\u2026 bilan ne jamais faire confiance sur les temps annonc\u00e9s par les b\u00e9n\u00e9voles.<\/p>\n\n\n\n<p>S&#8217;ensuit une longue partie de plats et faux-plats descendants. Je cours, sans non plus me mettre en surr\u00e9gime. Alexandre me rejoint \u00e0 l\u2019attaque de la bosse. Il a envoy\u00e9 du 4\u201945 min\/km l\u00e0 o\u00f9 je devais p\u00e9niblement \u00eatre \u00e0 6\u201930 min\/km, on avance vraiment \u00e0 des rythmes tr\u00e8s diff\u00e9rents sur cette course. Je crois qu\u2019il est temps de vous faire rapidement le profil du gar\u00e7on. Il habite en Haute Savoie, \u00e0 1000m d\u2019altitude au-dessus de son taff. Tous les jours il va et revient du taff en courant, soit 1000m de D+ au quotidien d\u2019o\u00f9 ses bonnes cannes en mont\u00e9e. Il aime tellement courir pour aller au taff qu\u2019il a troqu\u00e9 sa voiture de fonction contre un deal avec ses patrons pour qu\u2019ils financent ses chaussures de course \u00e0 pied pour les aller-retour au travail. En dehors de ses commutes pour aller au boulot il ne s&#8217;entra\u00eene quasi pas et consacre du temps \u00e0 sa famille. En ultra il n\u2019y a d\u00e9finitivement pas une bonne fa\u00e7on de s&#8217;entra\u00eener mais des dizaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la mont\u00e9e on se regroupe avec Alexandre et un troisi\u00e8me coureur avec qui on se lance dans un long blablarun. \u00c7a commence sur le cyclisme, on se rem\u00e9more tous les tours de France depuis l\u2019\u00e9poque Armstrong. On parle de nos h\u00e9ros et de nos anti-h\u00e9ros. Alexandre est fan de Pantani au point d\u2019avoir des biographies de lui en italien. Le second coureur, dont j\u2019ai oubli\u00e9 le nom, lui collectionne les maillots de cyclisme molletonn\u00e9s de l\u2019\u00e9poque. \u201cNom inconnu\u201d nous explique aussi qu\u2019il a pass\u00e9 9h \u00e0 la derni\u00e8re base vie suite \u00e0 un probl\u00e8me intestinal assez \u00e9nerv\u00e9, et qu&#8217;il va abandonner \u00e0 la base vie suivante, car il ne peut plus faire la course sous les 110h il n\u2019y trouve plus d&#8217;int\u00e9r\u00eat. Je trouve \u00e7a dommage, mais en m\u00eame temps faire encore 180 bornes si tu n\u2019as pas la motivation \u00e7a semble \u00eatre compliqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;arriv\u00e9e sur la base vie Thyon para\u00eet interminable. On croise un refuge que l\u2019on pense \u00eatre notre destination, mais il nous reste encore 3 km \u00e0 faire en slalomant derri\u00e8re les pare-pierres.<\/p>\n\n\n\n<p>A la base vie je prends le temps de manger et j\u2019ai envie d\u2019aller me coucher. J\u2019arrive \u00e0 dormir seulement une vingtaine de minutes, mais je pars tr\u00e8s loin au pays de Morph\u00e9e, le retour sur terre est compliqu\u00e9. Quand je redescends dans la salle principale, il y a 2 personnes avec mes parents et Mathilde. Je les regarde mais rien ne se passe dans mon cerveau. Mathilde me demande si je les reconnais. Mes yeux s\u2019ajustent, il me faut bien 5 secondes pour que les fonctions de reconnaissance faciale se mettent en route : Xavier, Ana\u00efs !!!!!!!!!!!!!!!<\/p>\n\n\n\n<p>La raison pour laquelle je ne m\u2019attendais pas du tout \u00e0 les voir l\u00e0, c&#8217;est que je ne les ai crois\u00e9s qu\u2019une seule fois lors d\u2019une sortie v\u00e9lo avec une amie en commun, Cl\u00e9mence. Pendant ce tour de bicyclette, on avait discut\u00e9 des vacances et ils m\u2019avaient dit qu\u2019ils seraient en Suisse \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9. J\u2019avais lanc\u00e9 comme une blague le fait qu\u2019ils pourraient venir me supporter sur la SwissPeak et ils avaient d\u00fb r\u00e9pondre un truc \u00e0 base de peut-\u00eatre, assez g\u00e9n\u00e9rique. L\u00e0 on est 3 mois apr\u00e8s cette discussion en v\u00e9lo et lors d\u2019une rando ils ont vu les fanions de la SwissPeak, ils se sont rappel\u00e9s que j\u2019\u00e9tais sur la course et \u00e0 l\u2019aide du suivi live ils ont vu que je n\u2019\u00e9tais pas loin d\u2019eux, ils ont donc fait le d\u00e9tour par la base vie. Tr\u00e8s chouette surprise ! Mathilde est un peu oblig\u00e9e de me botter les fesses en dehors du ravitaillement sinon je serais bien rest\u00e9 30 min \u00e0 faire la causette plut\u00f4t que d\u2019y retourner.<\/p>\n\n\n\n<p>La route jusqu\u2019\u00e0 Tortin se passe bien. Au ravitaillement, il y a trois mecs d\u2019un certain \u00e2ge avec un accent bien tranch\u00e9 du Valais. Ils sont super sympa, ils s\u2019int\u00e9ressent beaucoup \u00e0 la course, j\u2019ai du mal \u00e0 y passer moins de 15 min. Je me fais violence pour en repartir. S&#8217;ensuit<\/p>\n\n\n\n<p>une mont\u00e9e bien technique pendant laquelle je remarque que les fanions que l\u2019on suit normalement : rouge avec une bande r\u00e9fl\u00e9chissante grise, n\u2019ont plus que la bande r\u00e9fl\u00e9chissante. Sur 3km les vaches ont mang\u00e9 100% des fanions qu\u2019elles ont vus. J\u2019apprendrai plus tard que les fanions sont faits en ma\u00efs donc ne sont pas trop toxiques pour nos amis les b\u00eates, et elles les adorent. Il n\u2019en reste pas moins qu\u2019au prochain point de ravitaillement je signalerai le souci de balisage, car la nuit avec la partie r\u00e9fl\u00e9chissante aucun souci, mais en journ\u00e9e trouver son chemin dans un pierrier quand la seule couleur visible est : gris, c\u2019est un autre niveau de challenge.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019arriv\u00e9e au sommet est fra\u00eeche. Je suis en sueur apr\u00e8s l\u2019effort dans la mont\u00e9e, sauf que l\u00e0 haut le programme change \u00e0 base de brume et de rafale de vent. S&#8217;ensuit une descente super raide et de la chaleur intenable en fond de vall\u00e9e. Je n\u2019ai plus d\u2019eau car j\u2019ai eu la bonne id\u00e9e de me renverser un demi litre de coca dessus. J\u2019arrive \u00e0 Lourtier compl\u00e8tement sec et poisseux mais content de voir que ce ravitaillement \u00e0 plut\u00f4t l&#8217;\u00e9toffe d\u2019une base vie et \u00e7a tombe bien car j\u2019ai vraiment besoin de dormir. Je recroise Pierre, un coureur tourangeau avec qui on a \u00e9volu\u00e9 \u00e0 +\/- 1h depuis le d\u00e9but de la course. Pendant que je pars \u00e0 la sieste, mon p\u00e8re a le sourire jusqu\u2019aux oreilles car ce ravitaillement sert des raclettes aux accompagnateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me r\u00e9veille apr\u00e8s plus de 2h de sieste, j\u2019ai cumul\u00e9 plus de sommeil sur cet arr\u00eat que tous les arr\u00eats pr\u00e9c\u00e9dents cumul\u00e9s, je me sens requinqu\u00e9. Dans la salle de vie, je recroise Alexandre, H\u00e9lo\u00efse, l\u2019italienne et son copain, bref un peu tous les gens avec qui j\u2019ai couru depuis le d\u00e9but. Je suis bien dans le confort de ce ravito, j\u2019ai envie de discuter mais encore une fois Mathilde la timekeeper, me pousse gentiment vers la sortie pour que je me remette en route.<\/p>\n\n\n\n<p>Assez rapidement, je reviens sur H\u00e9lo\u00efse. On prend des nouvelles l\u2019un de l\u2019autre car 48h sont pass\u00e9es depuis le premier tron\u00e7on que l\u2019on a fait ensemble. La route est longue, je d\u00e9cide donc de \u201cperdre\u201d quelques minutes en montant en duo plut\u00f4t que tout seul mais le temps passe 10 fois plus vite et nous voila d\u00e9j\u00e0 la cabane Brunet au petit matin. On pousse la porte, il fait chaud et on va s\u2019arr\u00eater l\u00e0 pour aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Jour 4<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la journ\u00e9e un peu ventre mou de la course. On est trop loin du d\u00e9part pour avoir de super jambes pour avancer, mais on est toujours trop loin de l\u2019arriv\u00e9e pour l\u00e2cher les chevaux pour le sprint final.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la cabane Brunet, le relief s&#8217;aplanit et permet de courir. Je me retrouve dans le m\u00eame rythme que James, un anglais que j\u2019ai crois\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises depuis le d\u00e9but de la course sans jamais avoir le temps de vraiment discuter. Il est sur le 660 km, mais <a><\/a>avance aussi vite que moi, ce qui nous permet d\u2019entamer une bonne discussion. J\u2019avais un doute sur ma capacit\u00e9 de parler en anglais vu mon \u00e9tat de fatigue mais a priori cel\u00e0 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 g\u00eanant. Comme d\u2019hab on parle de la course, de course \u00e0 pied en g\u00e9n\u00e9ral puis on switch compl\u00e8tement de sujet et pendant 1h on se retrouve \u00e0 parler business, impact de l\u2019IA sur nos m\u00e9tiers respectifs et je suis \u00e9pat\u00e9 que l\u2019on arrive encore \u00e0 dire des trucs malins apr\u00e8s 70h de course.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019attaque de Mont Br\u00fbl\u00e9, James en remet un coup, moi je pr\u00e9f\u00e8re faire des selfies avec des trous de marmottes. Au sommet je m\u2019accorde m\u00eame une pause de 15 minutes pour prendre mon deuxi\u00e8me petit d\u00e9jeuner et me pr\u00e9parer mentalement au 1800m de D-. Puis vient le moment de se lancer dans la pente. Rien n\u2019est fluide. J\u2019ai les pieds bien trop gonfl\u00e9s dans mes Salomons. Personne devant pour me tirer, personne derri\u00e8re pour me pousser au cul. Le seul truc qui me motive vraiment c\u2019est que j\u2019ai pass\u00e9 une commande de nourriture \u00e0 Mathilde et que je sais que des gnocchis m\u2019attendent au ravitaillement. Une bonne heure plus tard, j\u2019arrive enfin \u00e0 la route et je pense \u201cd\u00e9livrance\u201d ! mais non, le traceur \u00e0 fait une blague: on ne suit finalement pas la trace, on contourne la ville, puis on doit grimper pour aller au ravitaillement, le tout sur une route avec du macadam en train de fondre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je r\u00eave de m\u2019allonger, les pieds nus dans l\u2019herbe. J\u2019ai Mathilde au t\u00e9l\u00e9phone qui me dit que le ravitaillement est urbain et que l\u2019herbe il faut garder \u00e7a pour les r\u00eaves. Je finis tant bien que mal \u00e0 y arriver, je retire mes chaussures et laisse mes pieds respirer, pendant que je m\u2019avale une portion de gnocchis soi-disant pour deux personnes. Je change de chaussures pour plus de confort pendant que l\u2019on me d\u00e9crit la suite du parcours : une petite mont\u00e9e sympa en lacet dans la for\u00eat. Parfait !<\/p>\n\n\n\n<p>Je me remets en route. Un chien essaie de m\u2019attaquer. J\u2019arrive au pied d\u2019un chemin forestier qui tire tout droit o\u00f9 il est indiqu\u00e9 30%&#8230; sympa les lacets. Je monte et soudainement la gestion des gnocchis se fait sentir et la fatigue m&#8217;envahit, \u00e0 tel point que j\u2019\u00e9cris \u00e0 Mathilde que je m\u2019arr\u00eate pour dormir, mais \u00e7a ne fonctionne pas. Alors je reprends la route qui nous emm\u00e8ne \u00e0 Champex Lac. J\u2019essaie d\u2019y boire un caf\u00e9 dans un des bars sur le chemin mais vu l\u2019accueil d\u00e9sagr\u00e9able de la tenanci\u00e8re, je continue mon chemin toujours \u00e0 moiti\u00e9 endormi sur mes b\u00e2tons. Aux grands mots les grands rem\u00e8des. J\u2019avale un gel qui doit contenir l&#8217;\u00e9quivalent de 10 caf\u00e9s et je lance ma playlist des vocaux d\u2019encouragement.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a commence par la s\u00e9rie des vocaux d\u2019Olivia, qui a d\u00fb en faire une douzaine. J\u2019ai l&#8217;impression de me faire engueuler \u00e0 chaque fois, impossible de vouloir dormir sous les ordres de coach Olivia. S\u2019ensuit un tr\u00e8s \u00e9trange mais efficace vocal de Tim, qui me sort de la course et m\u2019emm\u00e8ne \u00e0 une soir\u00e9e draft fictive avec les copains dans laquelle je drafts rouge\/noir. Le sommeil commence \u00e0 passer, je continue la playlist de vocaux dans des styles tr\u00e8s diff\u00e9rents qui me font un bien fou. Merci \u00e0 tous ceux qui ont particip\u00e9 vous m\u2019avez vraiment sorti d\u2019un mauvais \u00e9tat d\u2019esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9 au bout de la playlist je suis rattrap\u00e9 par Cyrill, un suisse Allemand avec qui je sympathise rapidement. De nouveau en anglais, on fait du blablarun tout en montant la fameuse fen\u00eatre d\u2019Arpette. Cyrill me parle notamment de son exp\u00e9rience en course de fixie, en gros des v\u00e9los sans vitesse, sans frein lanc\u00e9 \u00e0 40 km\/h en milieu urbain o\u00f9 il faut r\u00e9guli\u00e8rement faire des virages \u00e0 90\u00b0 et o\u00f9 si ta p\u00e9dale touche le sol tu d\u00e9colles \u00e0 5m de l\u00e0. Un truc marrant \u00e0 regarder pour moi, mais noway que je m\u2019y teste.<\/p>\n\n\n\n<p>La fin de la mont\u00e9e est un \u00e9norme pierrier bien technique \u00e0 monter et sur le versant oppos\u00e9 c\u2019est la m\u00eame chose pour la descente. Le truc chouette c\u2019est que la vue est magnifique sur le glacier, j\u2019ai aucun mal \u00e0 faire des pauses pour prendre des photos plut\u00f4t que de m&#8217;\u00e9nerver dans la pente. Toutes les bonnes choses ont une fin, je sors de ce tas de cailloux pour arriver sur une section presque plate et tr\u00e8s courable. On suit un ruisseau qui a \u00e9t\u00e9 canalis\u00e9 par les anciens pour l\u2019irrigation jusqu\u2019au col de la Forclaz en contrebas. Les jambes peuvent d\u00e9rouler, nous n\u2019avons pas eu de section aussi plate depuis le d\u00e9but. Arriv\u00e9 au ravito, l&#8217;envie de dormir me reprend. Il n\u2019y a pas vraiment d\u2019endroit pour dormir. Je suis tout terrain, je m&#8217;allonge dans mon duvet entre 2 tables au milieu de la cuisine sur un petit matelas. Il y a un brouhaha, ce qui ne m\u2019emp\u00eache pas de fermer les yeux en moins de 4 min.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re partie de la journ\u00e9e se passe sans me laisser une impression imp\u00e9rissable. Le seul objectif est de rejoindre la base vie de Salvan pour y faire un vrai somme. Quand j\u2019y arrive Mathilde me dit qu\u2019il ne faut pas compter sur le fait d\u2019\u00e9crire aux copains car c\u2019est un vrai bunker et que le r\u00e9seau ne passe pas. Je prends \u00e7a comme une formule imag\u00e9e pour dire que l\u2019on est dans un local enterr\u00e9 fait en b\u00e9ton. Il fallait bien prendre la formule au premier degr\u00e9 car nous sommes h\u00e9berg\u00e9s dans un bunker de l\u2019arm\u00e9e Suisse, avec des portes qui p\u00e8sent chacune plus lourd que ta Clio. L\u2019\u00e9quipement est spartiate, les lumi\u00e8res s\u2019allument automatiquement quand quelqu\u2019un passe dans le dortoir, que tu es oblig\u00e9 de traverser pour aller voir le podologue, bref le confort \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me rends d\u2019ailleurs chez la podologue histoire qu\u2019elle me greffe une nouvelle paire de pieds. Comme \u00e0 la base vie pr\u00e9c\u00e9dente elle prend des photos de mes pieds et trouve int\u00e9ressante l\u2019ampoule dans l\u2019ampoule, sans pour autant que cela ne la choque. Une fois retap\u00e9, je vais m\u2019allonger et je tombe dans une sorte de coma. Je me r\u00e9veille plusieurs fois avec l\u2019envie de me lever mais aucun membre ne r\u00e9pond alors je redors. Finalement apr\u00e8s 5h dans la base vie je me fais violence, je me l\u00e8ve, j\u2019avale un truc et je me remets en route.<\/p>\n\n\n\n<p>A cause du mauvais temps, le parcours est modifi\u00e9. Mathilde m\u2019informe qu\u2019on lui a dit que l\u2019on allait gagner 2h car \u00e0 la place de monter la montagne on allait la contourner par la base. Deux heures plus tard et 1000m de D+, j\u2019ai l\u2019impression que encore une fois l\u2019info donn\u00e9e par le b\u00e9n\u00e9vole n\u2019\u00e9tait pas tout \u00e0 fait juste. Le jour se l\u00e8ve et commence \u00e0 se faire rincer, mais ce n\u2019est rien par rapport \u00e0 ce qui nous attend\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Jour 5<\/p>\n\n\n\n<p>On reprend donc dans la mont\u00e9e vers Salanfe. Le ciel est gris, il pleut \u00e0 bon rythme. J\u2019ai trouv\u00e9 mon allure et je remonte des concurrents 1 \u00e0 1. J\u2019arrive au ravitaillement dont je n\u2019attends pas grand chose et je suis tr\u00e8s agr\u00e9ablement surpris. Pour commencer ils ont un chauffage de chantier, qui permet un de ne pas avoir froid, deux de pouvoir s\u00e9cher nos vestes de pluie qui d\u00e9goulinent tellement elles ont pris la flotte. Le ravitaillement est bien fourni : pizza sortie <a><\/a>du four, patates fra\u00eechement cuites et bien d\u2019autres choses. Nous sommes 2-3 coureurs \u00e0 prendre le temps de bien nous ravitailler, vue la m\u00e9t\u00e9o nous savons que la section \u00e0 venir va \u00eatre compliqu\u00e9e. Apr\u00e8s avoir aval\u00e9 6 patates, je fais le choix de rester en t-shirt et veste afin de ne pas tremper mes affaires chaudes si je venais \u00e0 en avoir besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois, deux, un, on se relance. Dehors, il vente fort, il pleut tr\u00e8s fort. Le trac\u00e9 contourne le lac sur du plat. J\u2019en profite pour mettre un peu de rythme et avaler ces kilom\u00e8tres \u201cgratuits\u201d. Arriv\u00e9 au pied de la bosse, je d\u00e9cide de ma strat\u00e9gie qui sera : monter autour du seuil (un rythme assez rapide qui n\u2019est pas tenable plus d\u2019une heure mais qui me permet de g\u00e9n\u00e9rer beaucoup de chaleur). J\u2019imprime le tempo le plus important depuis le d\u00e9but de ma course et rattrape naturellement plusieurs coureurs. Je connais exactement l\u2019altitude du sommet et je g\u00e8re mes ressources \u00e9nerg\u00e9tiques en fonction. J\u2019aimerais informer l\u2019\u00e9quipe qui me suit que tout va bien, mais impossible de sortir le t\u00e9l\u00e9phone dans ces conditions et de toute fa\u00e7on ici il n\u2019y a pas de r\u00e9seau. L\u2019id\u00e9e est de continuer sur un tempo soutenu et de toujours avoir la capacit\u00e9 d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer dans les parties fortement expos\u00e9es que je vais trouver au sommet. Le chemin devient technique. Les torrents qui devaient faire 30 cm de large 4h plus t\u00f4t font maintenant 4 m. Impossible de garder les pieds au sec. L\u2019objectif est de rester debout, de ne pas glisser en traversant ces cours d\u2019eau. Plus que 100m de D+, le vent forci, c\u2019est le moment de cramer une cartouche. Derri\u00e8re cette expression vient l\u2019id\u00e9e que l\u2019on a les ressources mentales et physiques pour quelques fois dans l\u2019ann\u00e9e, deux ou trois, nous pouvons aller au-del\u00e0 de notre zone de confort. Je crame la cartouche, un peu comme l\u2019\u00e9toile dans Super Mario j\u2019ai un booster qui m&#8217;emm\u00e8ne au sommet en quelques minutes, pas le temps de faire des photos il faut basculer.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019attaque la descente et je fais face \u00e0 un probl\u00e8me que j\u2019avais anticip\u00e9 : le froid. Courir en descente demande beaucoup moins de ressources physiques. Je ne g\u00e9n\u00e8re plus assez de chaleur pour me r\u00e9chauffer. J\u2019essaie d\u2019ouvrir une pom\u2019pote avec mes mains mais je n\u2019ai plus de force, je finis par planter mes crocs dans le plastique pour arriver \u00e0 l\u2019ouvrir. Je suis focus \u00e0 100%, au point o\u00f9 je me parle \u00e0 voix haute pour m\u2019encourager, me rassurer. Mon dialogue interne est ext\u00e9rioris\u00e9, mon attention est \u00e0 100% port\u00e9e sur l\u2019objectif. Je sais qu\u2019il faut que je regagne de la chaleur tr\u00e8s rapidement. Je fais l\u2019inventaire de mon sac : seconde couche, buff, veste chaude, pantalon de pluie. Je visualise o\u00f9 chaque objet se trouve et vient le moment. Je vois un rocher qui me prot\u00e8ge un peu du vent. C\u2019est parti, je retire ma veste qui me prot\u00e8ge et qui couvre \u00e9galement mon sac \u00e0 dos. J\u2019ouvre m\u00e9caniquement le sac. J\u2019attrape la seconde peau. Je l\u2019enfile. La m\u00eame chose avec le pantalon de pluie et un buff. Je referme le sac le plus rapidement possible. Je le remets sur mon dos. Je remets la veste. Capuche, zip \u00e0 fond, buff sur le nez. Il s\u2019est pass\u00e9 une minute, j\u2019ai perdu encore plus de chaleur mais je peux maintenant continuer sereinement, j\u2019ai \u00e9vit\u00e9 l&#8217;hypothermie.<\/p>\n\n\n\n<p>Je reprends la descente l\u00e0 o\u00f9 je l\u2019avais laiss\u00e9e. Je croise 2 ou 3 grappes de randonneurs, bien \u00e9quip\u00e9s contre la pluie, mais qui ont tout de m\u00eame l\u2019air de prendre tarif. Puis au bout de 10 minutes vient la d\u00e9livrance : un refuge inattendu. Je rentre et je retrouve Alexandre en compagnie d\u2019un autre coureur. Ils viennent d\u2019y passer 20 minutes et s\u2019appr\u00eatent \u00e0 repartir. De mon c\u00f4t\u00e9, je mets mes affaires \u00e0 s\u00e9cher. J\u2019enfile ma veste chaude pour regagner de la chaleur et surtout je commande un caf\u00e9. Le corps met tellement de temps \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer de la section pr\u00e9c\u00e9dente que je reprends un caf\u00e9. \u00c7a me laisse le temps de faire le point et me dire que \u00e7a fait probablement partie de mon top 3 des moments les plus compliqu\u00e9s que j\u2019ai eu \u00e0 vivre en montagne. Je pense aux gens moins rapides et\/ou moins en forme qui vont passer derri\u00e8re nous et je me demande si l\u2019organisation est au courant de l\u2019enfer que c\u2019est l\u00e0-haut.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je red\u00e9colle ma veste de pluie \u00e0 presque 0,5 kg d\u2019eau. La descente continue vers le fameux Pas d&#8217;Encel, un endroit r\u00e9put\u00e9 vertigineux et technique. Certes, il y a des cha\u00eenes et du vide \u00e0 droite, mais en comparaison \u00e0 ce que j\u2019ai v\u00e9cu l\u00e0-haut \u00e7a me semble \u00eatre de la rando toute mignonne. J\u2019avance tranquillement jusqu\u2019\u00e0 la Balme avec pour seul fait de course un patou qui terrorise le coureur devant moi qui se retrouve bloqu\u00e9 au milieu du chemin. Je n\u2019ai pas le temps pour ne pas \u00eatre ici, j\u2019indique au coureur que osef du toutou, je coupe le lacet \u00e0 travers la pente. Au d\u00e9but, ce coureur n\u2019est pas tr\u00e8s motiv\u00e9 pour me suivre droit dans la pente. Au final, la perspective de se faire croquer un mollet par m\u00e9dor l\u2019invite \u00e0 m\u2019emboiter le pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Au ravito de la Balme tout se passe bien jusqu\u2019\u00e0 ce que mon papa, parti chercher de la nourriture dans le van, revienne en nous expliquant que le van s\u2019est referm\u00e9 avec les clefs dedans. De mon c\u00f4t\u00e9, je me trouve tr\u00e8s zen sur l\u2019annonce de la nouvelle. Mathilde est un peu moins r\u00e9jouit \u00e0 l\u2019id\u00e9e de devoir se lancer dans une qu\u00eate annexe, mais apr\u00e8s un coup de \u201c\u00e7a fait trop chier\u201d, elle revient \u00e0 ce qu\u2019elle sait : prendre les choses calmement, ne pas s\u2019\u00e9nerver. Je les laisse au ravito et je leur dis : \u201c\u00e0 je sais pas quand\u201d. Un truc qui joue en leur faveur est que l&#8217;organisation a annul\u00e9 le ravito de Chaux Palin, ils ont donc 5h pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me plut\u00f4t que les 2h30 pr\u00e9vues sur le programme initial.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant que j\u2019avance, Mathilde me fait suivre le feuilleton : centrale g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e en Suisse pour \u00e9tourdis oubliant leur clef dans le v\u00e9hicule, garage qui les contact, intervention du garagiste, 45 min de tests \u00e9checs tests \u00e9checs tests DELIVRANCE les clefs ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es en \u00e9change d\u2019un petit billet et d\u2019un peu de peinture rouge sur la carrosserie blanche. Pendant ce temps je prends des photos avec des statuts d\u2019ours, j\u2019avale les kilom\u00e8tres tranquillement jusqu\u2019au moment o\u00f9 je commence \u00e0 faire des maths pour m\u2019occuper. Apr\u00e8s quelques multiplications et divisions j\u2019arrive \u00e0 la conclusion que je peux finir la course en moins de 110h. Alors je relance, je relance, je relance. Je finis par arriver \u00e0 la base de vie de Morgins tellement en avance que Mathilde et mes parents n\u2019ont que quelques minutes d\u2019avance sur moi pour pr\u00e9parer le ravito.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je parle \u00e0 Mathilde de mon plan de 110h elle me fait remarquer que j\u2019ai mal calcul\u00e9 et que c\u2019est quasi impossible d\u2019arriver dans ces temps. Mon plan passe donc de rusher la base vie \u00e0 prendre mon temps pour me retaper afin d\u2019affronter la derni\u00e8re nuit. Je retourne voir mes copains les kin\u00e9s et podologues qui font encore un travail extraordinaire. C\u00f4t\u00e9 kin\u00e9, ma jambe ne peut plus fl\u00e9chir plus de 30\u00b0 quand j\u2019arrive sur la table, je repars avec plus de 100\u00b0 de flexion apr\u00e8s les massages et manipulations. Quant au podologue, il surpasse ses coll\u00e8gues qui avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bons. Je finis cette pause en avalant un maximum de calories puis il est temps de repartir affronter la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tape jusqu\u2019\u00e0 Conche me semble ultra facile. Je fais un ravitaillement assez rapide en compagnie de Mathilde et de mes parents. Ils m\u2019indiquent que H\u00e9loise \u00e0 10 min d\u2019avance sur moi. Je repars droit dans la pente. Quand j\u2019arrive sur les hauteurs la brume s\u2019est pos\u00e9e et la navigation devient compliqu\u00e9e. Les bandes r\u00e9fl\u00e9chissantes de fanions ne r\u00e9fl\u00e9chissent plus du tout avec l\u2019humidit\u00e9 ambiante, contrairement aux bandes r\u00e9fl\u00e9chissantes des poteaux de ski qui ont tendance \u00e0 nous diriger hors de l\u2019itin\u00e9raire. La progression se fait donc en marchant le nez sur le GPS de la montre. A la sortie du p\u00e2turage, j\u2019arrive sur une partie technique et probablement vertigineuse de jour. De nuit je me rends juste compte que je suis \u00e0 la m\u00eame hauteur que la cime des arbres de chaque c\u00f4t\u00e9 ce qui donne une id\u00e9e de l\u2019inclinaison absurde de la pente. Pendant toute cette section j\u2019ai en t\u00eate le d\u00e9c\u00e8s du coureur sur le trail du Haut Giffre. J\u2019y vais donc tr\u00e8s tranquillement, quitte \u00e0 avoir l\u2019impression de ne pas avancer, mais arriver en un seul morceau me semble \u00eatre plus prioritaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Je repasse dans une partie moins technique, au balisage flou. Je finis par apercevoir une frontale en contrebas, probablement H\u00e9loise. Je d\u00e9cide de mettre un petit coup d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur pour essayer de la rattraper et \u00e7a fonctionne. Au d\u00e9tour d\u2019un lacet je l\u2019interpelle pour lui demander si elle veut que l\u2019on continue ensemble. Elle me r\u00e9pond positivement et attend 2 min que je la rejoigne. S&#8217;ensuit un tr\u00e8s long blabla run pendant lequel on a largement le temps de parler de sport, de boulot et d\u2019autres choses de la vie. Nous avan\u00e7ons \u00e0 un rythme peu soutenu, mais la pr\u00e9sence de l\u2019autre fait passer le temps bien plus vite. Nous passons le Chalet de Blansex et ses b\u00e9n\u00e9voles tr\u00e8s sympas et bien ambianc\u00e9s avec du son. Nous continuons le jeu de piste avec les balises qui est bien plus facile car H\u00e9lo\u00efse \u00e0 d\u00e9j\u00e0 fait 2 fois la SwissPeak. Nous arrivons \u00e0 Taney, o\u00f9 les b\u00e9n\u00e9voles sont connus pour leur cro\u00fbte aux champignons. Encore une fois les b\u00e9n\u00e9voles sont au top. Il est 3h du matin, je crois qu\u2019ils sont aussi contents que nous de voir du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Je commence \u00e0 avoir froid, j\u2019informe H\u00e9lo\u00efse que je vais devoir la laisser dans la descente pour aller plus vite afin de me r\u00e9chauffer. Nous nous disons au revoir et \u00e0 une prochaine. Je pars dans cette p***** de descente technique. Je m\u2019explose les pieds une dizaine de fois contre des cailloux, car la nuit tous les cailloux sont blancs. La descente est interminableeeeeeeeee. Heureusement je croise deux bouquetins qui me regardent comme suspendus \u00e0 la montagne au milieu de cette nuit noire. Je prends 5 minutes pour essayer de les photographier mais le t\u00e9l\u00e9phone n\u2019a pas assez de lumi\u00e8re, je grave donc l\u2019image dans ma t\u00eate et je ne pourrais pas vous la partager. Je vois enfin des frontales au loin. Je les rattrappe, il s\u2019agit de Cyrill et Denise avec qui j\u2019ai un peu couru les jours pr\u00e9c\u00e9dents. Je m\u2019attends \u00e0 ce que le ravitaillement soit l\u00e0, maintenant, mais non. Ma frontale principale n\u2019a plus de pile, par flemme je sors celle de secours qui \u00e9claire tr\u00e8s moyennement. Je passe donc 2 km dans la for\u00eat \u00e0 ne rien voir et \u00e0 pester contre ce ravito planqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dernier ravito, dernier changement de chaussure, dernier bricolage des pieds, derni\u00e8re mont\u00e9e. Je suis sur un petit nuage, je chante \u00e0 tu t\u00eate. Arrive l\u2019ultime descente et l\u00e0 j\u2019en ai marre. La premi\u00e8re partie n\u2019est pas coupable, il y a des cailloux partout. Il reste moins de 10 km et je suis parti pour mettre plus de 2h. J\u2019ai envie de m&#8217;asseoir sur le bord du chemin et d\u2019attendre un h\u00e9lico pour rentrer. Puis arrive ce message de Cl\u00e9mence qui dit qu\u2019il faut que j&#8217;acc\u00e9l\u00e8re pour arriver avant qu\u2019elle ne commence le taff pour qu\u2019elle puisse suivre l&#8217;arriv\u00e9e. C\u2019est con mais \u00e7a me donne un nouvel objectif et je d\u00e9roule la descente. Je fais un sprint avec une coll\u00e9gienne qui va attraper son bus. Je suis enfin en ville. Mathilde m\u2019\u00e9vite une ultime erreur de parcours. J\u2019entame le sprint final pour faire plaisir \u00e0 Benjamin et c&#8217;est fini ! Je viens de faire un truc qui me semblait encore compl\u00e8tement fou il y a une semaine, mais ma premi\u00e8re pr\u00e9occupation est de manger, la seconde d\u2019attendre l\u2019arriv\u00e9e d\u2019H\u00e9lo\u00efse pour \u00eatre s\u00fbr que tout s\u2019est bien pass\u00e9 pour elle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Allez c\u2019est parti pour vous parler de cette SwissPeak 360, qui fait comme son nom ne l\u2019indique pas : 380 km pour un bon 26000 m de D+. Contrairement \u00e0 beaucoup de courses, je suis arriv\u00e9 sur la ligne de d\u00e9part sans stress. 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